CHRONIQUE D'UNE DESTRUCTION ANNONCEE
LA FIN DE L'ABBAYE DE FLINES

Monnique Heddebaut

Le décret de l’Assemblée nationale du 17 août 1792 décide l’évacuation des maisons religieuses encore occupées. Lorsqu’on connaît le contexte troublé de la période révolutionnaire et les luttes d’intérêt qui ont pu exister autour de ces bâtiments, on peut difficilement imaginer qu’un site tel que celui de l’abbaye de Flines ait pu être vidé, puis arasé en un laps de temps aussi court que certains ont bien voulu dire. Un premier réexamen des sources permet de rétablir une chronologie des destructions plus conforme à la réalité.

Les sources

Edouard Hautcœur (1830-1915), principalement connu pour avoir été le fondateur de l’Université Catholique de Lille, fut également l’historien de l’abbaye de Flines. Il se situe dans la lignée de ces érudits de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui étudièrent l’histoire des grandes fondations religieuses et publièrent un certain type de monographies.

Sa connaissance de la communauté tient également au fait qu’il fut l’aumônier des Dames de Flines de 1864 à 1875, avant d’être nommé recteur de la nouvelle université. Cet ecclésiastique s’est attaché aux pas des moniales, de leur installation à Orchies en 1234, à leur transfert à Flines en 1251 jusqu’à leur exil en 1792 à Soleilmont (Belgique), puis à Paderborn (Allemagne). Dans son Histoire de l’abbaye de Flines il ne s’est pas attardé sur la vente des bâtiments, ni sur le litige qui a surgi entre les acquéreurs et les pouvoirs publics. Il affirma d’une façon péremptoire que « la pioche des démolisseurs acheva un peu plus tard ce qu’elle avait commencé. De cette illustre maison, asile séculaire de toutes les vertus, il ne resta pas pierre sur pierre »1. Il s’est ensuite complètement désintéressé du site et du temporel du monastère dont il ne reparlera qu’à partir du moment où la communauté revient s’établir à Douai en 1819.

Ses publications ont servi de point de départ à bon nombre de recherches. Certaines monographies ont d’ailleurs repris les conclusions de l’historien, mais cette fois, en datant la fin de l’abbaye. On peut ainsi lire dans l’une des plus récentes qu’« après une bataille de procédures entre adjudicataires et acheteurs fin 1795, les dernières démolitions étaient terminées »2.

Or, seule la série L des Archives départementales du Nord a été exploitée jusque là. Mais elle n’a pu être d’un grand secours, puisque l’ensemble des pièces relatives à la vente et la destruction de l’église abbatiale pour la période du 11 prairial an II (30 mai 1794) au 10 ventôse an XIII (1er mars 1805) est classé dans la série Q en raison du contentieux qui suivit. On y trouve les archives relatives aux domaines, à l’enregistrement et aux hypothèques.

Si les archives communales de Flines-les-Râches ne recèlent rien de significatif sur la vente elle-même, le cadastre de 1830 est à recouper avec les différentes cartes d’Etat-major du XIXe siècle. Cela permet en revanche de restituer avec précision le déroulement de la destruction des bâtiments claustraux et agricoles.

Grâce à l’ensemble de ces documents jusqu’à présent négligés - notamment les correspondances entre élus, acquéreurs et pouvoirs publics - on peut mieux mesurer les luttes d’influence et les enjeux de l’époque et compléter ainsi l’histoire de cette illustre maison.

La vente et la démolition des bâtiments

La nationalisation des biens du clergé est votée le 2 novembre 1789. Avec la loi de décentralisation administrative du 22 décembre cette mesure doit pouvoir, en principe, être mise en œuvre de façon plus efficace à l’échelon local. Est également institué le Conseil de Département qui siège à côté du Directoire du Département, l’organe exécutif permanent. À cette époque, le pouvoir central éprouve pourtant beaucoup de difficultés à faire dresser l’inventaire des biens des communautés ecclésiastiques, l’administration départementale faisant preuve dune inertie notoire et ne prenant aucune mesure pour accélérer la vente.

Le 13 octobre 1790, Talleyrand fait voter un décret qui oblige cette fois les Départements à inventorier et conserver les chefs d’œuvres des arts. Dans la droite ligne de cette décision est créée la Commission des monuments historiques, expression qui passe désormais dans le langage courant. Sont élaborées les premières instructions relatives à l’inventaire et à la conservation des œuvres d’art. La vente des biens nationaux qui démarre le 12 novembre 1790 dans le district de Douai, va révéler tous les tâtonnements, difficultés et contradictions d’une politique patrimoniale en élaboration et en devenir.

En 1791, le contexte a changé. À l’optimisme né du vote de la Constitution succèdent les déconvenues dans beaucoup de domaines. Sur le plan économique, le système de vente des biens d’Église, par exploitation, en bloc et aux enchères, est devenu un moyen avantageux pour se débarrasser des assignats, ce qui va déclencher une forte inflation.

Apparaissent à Flines des acheteurs venus d’horizons très divers et aux objectifs différenciés. On trouve aussi bien Jean-Baptiste Fiévet3, un prêtre défroqué de Rumegies, que Dumont, un notaire douaisien, ou Bécu, un médecin en chef de l’hôpital de Lille, conseiller de la 1ère municipalité de Lille  élue en janvier 1790. Ce dernier compte parmi ces hommes d’action qui démasquent les aristocrates et qui se retrouveront dans les administrations de la période révolutionnaire. Fondateurs de la  Société des amis de la constitution, ces Lillois, bourgeois éclairés, jouent un rôle très actif. Ils surveillent les adversaires de la Révolution et mènent une action politique et de propagande. Cette société se transformera plus tard en Société des amis de la liberté et de l’égalité, puis en Société populaire4.

Le 14 mars 1791, Dumont et Bécu profitent de l’opportunité et acquièrent « la totalité du terrein vulgairement appelé le  Clos de la chapelle du calvaire […], n’exceptant rien de ce qui se trouve enfermé dans le clos limité comme dessus ; dix bonniers et demi de terre et la maison du pêcheur avec deux coupes […] »5 (fig. 1).

Autre élément de ce vaste ensemble immobilier, le moulin à eau. Il est estimé le 11 mai 1791 à 1650 livres pour les matériaux à emporter. Le 5 mars 1792, la carcasse n’en vaudra plus guère que 936 livres selon François Her, un cultivateur devenu maire de Râches6.

Dans un rapport du 28 juillet 1791, le District de Douai fait état d’une requête des religieuses à propos d’un bâtiment encore aujourd’hui existant, appelé communément la « forge ». Elles demandent que « le sieur Dumont7, adjudicataire de Domaines nationaux, cidevant appartenans à ladite abbaye ne puisse plus exercer le droit de propriété sur la maison du maréchal, celle du charron et un hangard situés dans leur clos, dont le Directoire leur a accordé la jouissance par la décision du 24 mars dernier, en surséant à son adjudication ». Le sursis ne valant « que pour le pavé et le fossé traversant l’enclos desdites religieuses, [Dumont] consens néanmoins à faire fermer les portes de la charonnerie et de la forge qui donnent sur la cour ». Le Directoire lui impose non pas de les fermer, mais de les supprimer « pour ne conserver d’entrée dans les batimens que de l’autre côté » 8. Ce bâtiment encore visible à Flines, dans une courbe de la rue de l’Abbaye, garde effectivement la trace de ces remaniements, notamment à hauteur des ouvertures.

Et si la sœur boursière Catherine Vangaver a établi l’inventaire du mobilier avec Etienne Le Josne, administrateur du district de Douai, le 23 août 1790, il revient à la dernière abbesse, Sabine Duchastel de la Howardrie, le soin de remettre le 17 avril 1791 à l’administration un « Etat des biens et revenus des biens de l’abbaye de Flines en 1790 »9. Un plan détaillé accompagnera le dossier de la vente aux enchères des bâtiments (fig. 2).

La situation ayant évolué avec la déclaration de guerre du 20 avril 1792, le sort des bâtiments nationaux et notamment ceux de l’abbaye de Flines, va être scellé. Ce conflit signe leur arrêt de mort. Les Autrichiens arrivent à Orchies le 10 septembre 1792. Ils occupent Saint-Amand et Marchiennes. Dans ces conditions le pays a besoin de numéraire et de matière première pour la fabrication de canons et de balles. On relève dès lors le 15 août 1792 un vol d’argenterie par d’anciens serviteurs10, alors que les religieuses sont encore présentes. Mais c’est principalement le plomb qui intéresse les habitants ou les soldats de passage, car il peut se monnayer chèrement. Une voiture chargée de plomb a été retrouvée cachée dans le marais 11. Plusieurs procédures pour vols sont engagées entre 1792 et 1794 12. Des hommes de troupes surveillent les édifices à la demande du District de Douai.

Le 17 août 1792, intervient le décret qui oblige les communautés religieuses à vider les lieux. Le 14 septembre 1792, les cisterciennes quittent Flines pour la Belgique. Quel peut être désormais l’avenir des bâtiments laissés à l’abandon ?

La victoire de Valmy, le 20 septembre 1792, change la donne. Les troupes refluent. Marchiennes et Orchies sont reprises. Mais les combats reprennent en mai 1793 et Flines se retrouve au milieu des combats. Le 6 février 1794, Pichegru annonce « la victoire de Flines sur les Autrichiens par la garnison de Douai »13. Le 9 mars 1794 (19 ventôse an II), le général Drut requiert néanmoins la démolition de l’abbaye qui pourrait encore servir de retranchement aux Autrichiens14. « En conséquence les bâtiments sont mis aux enchères par lots et cela à condition qu’ils soient démolis le plus rapidement possible »15. Le Directoire du Département autorise la vente le 11 mars (21 ventôse). C’est à cette même époque que l’abbé Grégoire blâme dans le rapport du 10 janvier 1794 (21 nivôse an II) l’ignorance, l’insouciance et la friponnerie, qu’il fustige la fièvre destructrice et dénonce le vandalisme, néologisme qui deviendra célèbre. Mais à Flines, si tant est qu’il y eut vélléité de sauver les bâtiments abbatiaux à cette date, la raison militaire l’a rapidement emporté sur le souci de conserver les témoignages du passé.

Suite à la réquisition du général, les bâtiments sont répartis en 29 lots et adjugés le 30 mai 1794 (11 prairial an II). Les acheteurs ont un délai d’un mois à compter de cette date pour démolir et deux mois pour enlever les matériaux. L’adjudicataire est tenu de « faire rentrer à ses frais dans le dépôt général à Douaÿ tous les fers, plombs, cuivres et autres matériaux provenant de la démolition qui lui seront payés au prix du maximum ». André Guillemot d’Anhiers acquiert ainsi pour la somme de 500 livres le lot n°15, à savoir l’église abbatiale16. Louis Rincheval de Lewarde se porte caution. Il a deux mois pour payer la moitié de la somme et les deux suivants pour régler le reste. L’affiche fournit un descriptif relativement précis des bâtiments existants avec dimensions et état d’avancement de la démolition17. Tous les bâtiments sont adjugés à des acheteurs originaires de Flines (6), ou des communes limitrophes (7 d’Anhiers, 2 de Râches et 2 de Lallaing). Un seul vient de Lewarde. Les adjudicataires sont tenus de fournir une caution solvable résidente dans l’arrondissement de Douai. Adjudicataires et garants se portent mutuellement caution18.

Or, la clause de deux mois pour démolir les bâtiments afin d’éviter que les Autrichiens ne se retranchent à l’abbaye, n’a pas pu être respectée. Elle n’a d’ailleurs plus aucune raison d’être, puisque ces derniers ont été battus à Fleurus le 26 juin 1794 par l’armée du Nord et celle de Sambre-et-Meuse. Si quelques combats avaient bien eu lieu à Flines le 6 juin, la situation s’était définitivement stabilisée avec cette victoire.

La bataille de procédure

Forts de cette évidence, les administrateurs du Département du Nord annulent purement et simplement la vente le 1er mars 1795 (11 ventôse de l’an 3)19. Mais les adjudicataires ne l’entendent pas ainsi. « … Ayant sollicité inutilement le raport de cet arrêté qui fut confirmé par un autre du 5 germinal, [ils] se sont pourvus au tribunal du district de Douay qui s’est déclaré compétent pour connaître cette contestation et qui par deux gugemens des 5 et 24 floréal suivant a prononcé que la vente était valide et devait être maintenue ». S’ensuit alors un conflit aux rebondissements nombreux avec va-et-vient entre les différentes juridictions.

Le Département, qui a été renouvelé  entre temps, prend un nouvel arrêté et s’appuie sur les faits suivants : « […] l’adjudication a été légalement faite, 2° elle ne contient aucune clause résolutive en cas de retard de la démolition et de l’enlèvement des matériaux, 3° qu’elle a été faite dans un tems où l’ennemi ocupait le voisinage de l’abbaye et où la pénurie des bras et des voitures rendaient moralemens impensables les conditions de délai, 4° que les adjudicataires ont renoncé au bénéfice des jugemens rendus en leur faveur par le tribunal de district et qu’ils ont offert de payer à la nation les indemnités qui pourraient lui être dues »20.

Le 23 septembre 1795 (1er vendémiaire an IV) Guilmot d’Anhiers vend à Prosper Lachez, l’un des grands acquéreurs et spéculateurs de cette période21, l’enclos et les bâtiments qui ne sont pas encore démolis.

Le citoyen Petit, directeur de la régie de l’enregistrement et du domaine national, en plein désarroi, s’adresse le 28 février 1796 (9 ventôse an IV)  aux administrateurs du Département du Nord pour savoir qui est compétent et quel jugement est valable. Il espère aussi que ceux-ci voudront « bien [lui] faire passer le nouvel arrêté qui interviendra »22, ce qui témoigne des difficultés de l’époque pour juger, faire appliquer les décisions et en rendre compte.

Le 6 février 1798 (18 pluviôse an VI) Darame, ministre des Finances, s’en mêle. Il intervient directement auprès des administrateurs du Département du Nord pour leur rappeler clairement, qu’ils n’avaient pas à réformer les arrêtés des 1er et 25 mars 1795 (11 ventôse et 5 germinal de l’an III ) du seul fait que la vente soit devenue caduque, puisque les matériaux n’avaient pas été enlevés en temps et en heure. « Ces motifs ne m’ont pas paru suffisants pour faire revivre une adjudication annullée par vos prédécesseurs et dont la décision avait été confirmée par l’autorité supérieure ». Le ministre souligne au passage que l’Etat a été spolié dans cette opération à cause d’une vente opérée à vil prix et payée en assignats et parce que les adjudicataires ont démoli des bâtiments non compris dans l’adjudication. Ils ont également vendu en numéraire les objets les plus précieux tels que charpentes, plombs et fers. L’annulation est maintenue23.

Le litige semble néanmoins prendre fin avec un arrêté de l’administration centrale du 1er mai 1799 (12 floréal an VII), suite à l’intervention du ministre des Finances. Lachez est autorisé à continuer la démolition de la tour abbatiale et du reste des bâtiments.24

Mais c’est sans compter avec le maire de Flines, Philippe-Joseph Lespagnol, qui n’accepte pas la décision et prévient le sous-préfet de Douai le 22 février 1805 (3 ventôse an XIII). « J’ai fait à cet égard tout ce que mon devoir exigait, en pareille circonstance et que pour ma responsabilité personnelle et pour empêcher que d’autres travaux ne s’exécutent à l’avenir, j’y ai fait établir deux gardiens jusqu’à nouvel ordre ». Il entend protéger « différentes granges et autres monumens marquans tels l’église et la tour […] et empêcher qu’aucun matériau ne soit transporté » (fig. 3). Il rappelle au passage l’historique du dossier et les « dissenssions qui ont eues lieu dans la possession contestée des batimens depuis que Monsieur Lachez s’est rendu adjudicataire du toud ». Il entre en conflit avec le dernier propriétaire qui ne serait adjudicataire que du fond. Ce dernier semble avoir confié à Guilmot, Vilain et Seillier, les premiers acquéreurs, le soin d’accélérer les démolitions moyennant indemnités.

Le maire écrit le jour même au secrétaire général de la préfecture, Sébastien Bottin, pour l’informer que Lachez a vendu ses « droits » sur les bâtiments à des Valenciennois qui sont en train de miner la base de la tour abbatiale pour la faire tomber. Il réclame le soutien du préfet pour réserver la tour comme « monument remarquable ». S’engage alors une course de vitesse entre le sous-préfet et les nouveaux acheteurs qui veulent rendre la démolition irréversible.

La réponse ne tarde pas. Dès le 23 février 1805 (4 ventôse an XIII) le sous-préfet de Douai avise le préfet, Christophe Dieudonné, des mesures prises à l’encontre du maire qui avait demandé de faire arrêter les travaux de démolition de la tour de l’abbaye, au cas où celle-ci aurait réellement été « réservée lors de l’adjudication »25. Il en a référé à son supérieur hiérarchique, par prudence et certainement aussi pour gagner du temps. Il lui a proposé de s’assurer des titres de propriété des uns et des autres.

Prosper Lachez de son côté saisit le préfet le 1er mars 1805 (10 ventôse an XIII) pour se plaindre d’une dénonciation anonyme et des tracasseries exercées à son encontre par le maire de la commune. Il invoque principalement la vétusté des bâtiments et la sécurité du public pour achever les travaux de démolition. Il s’étonne d’ailleurs qu’on ait réservé un bâtiment isolé de l’ensemble26.

Le bureau des domaines écrit le 19 mars 1805 ( 28 ventôse an XIII) au sous-préfet de Douai, qui, après examen du dossier, ne trouve rien qui indiquât que la tour fût réservée27. Il confirme au contraire que l’ensemble a été vendu pour être démoli, même si les acquéreurs n’ont point satisfait à cette charge dans les délais impartis. Le maire de Flines, Jean-Baptiste Lesapagnol, ne peut donc plus s’y opposer. Il lui est demandé dès lors « de retirer les défenses qu’il faites au sieur Lachez de démolir cette tour »28. Le ministre des Finances avait déjà statué par son arrêté du 29 septembre 1798 (8 vendémiaire an VII). La décision est confirmée. C’en est officiellement fini de l’abbaye. Lachez a donc obtenu gain de cause. Sa carrière d’hommes d’affaires sera pourtant de courte durée. Il s’avère que « le trafic de biens nationaux dut contribuer à la faillite de plusieurs négociants, parmi lesquels on compta […] Lachez, à Lille, en l’an XII » 29.

Mais contrairement à ce qui a pu être écrit, des bâtiments subsistent et s’élèvent encore au sein de l’enclos comme le montrent le cadastre de 1830 et le Tableau indicatif des propriétés foncières, de leurs contenances et de leurs revenus. Grâce à la contribution sur les portes et fenêtres on apprend que l’église abbatiale possède encore 2 portails et 17 portes et fenêtres ordinaires30. En examinant attentivement ce plan et la parcelle 68 qui correspond à ces ouvertures, on distingue effectivement un quadrilatère cerné de rouge à cet endroit. Depuis un récent travail de localisation des bâtiments31, on sait que ce périmètre correspond pour partie au palais abbatial, au quartier des directeurs et au chevet de l’église. À l’extérieur de l’enclos subsistent encore la forge et le calvaire. Le cadastre témoigne certes de l’avancement des démolitions, mais il est aussi la preuve que le site n’a pas été totalement arasé à cette époque.

Au vu des documents fiscaux de la commune pour cette période, on constate que Dumont, Becu et Devred n’ont pas cédé leurs terres et qu’ils comptent parmi les propriétaires le plus imposés. Prosper Lachez en revanche n’y figure pas. Apparaissent à Flines à cette époque deux acheteurs connus pour leurs nombreuses acquisitions de biens nationaux : César Paulée et de Nayer de Gand32.

Si la carte d’Etat-major de 1832 au 1/40000 et le plan de 1836 au 1/2000033 (fig. 4) qui accompagne le « Mémoire sur la reconnaissance de Douai à Pont-à-Marcq », gardent la trace de bâtiments encore place, celle de 1853 révèle un site désormais vide de constructions. On peut ainsi dater précisément la fin des démolitions du monastère. Sur ce point, les archives sont muettes et la tradition orale n’est d’aucun secours. Edouard Hautcœur, qui aurait pu recueillir dans les années 1870 les souvenirs et les témoignages des Flinois, est malheureusement resté silencieux à ce sujet.

* * * * * * * *

On peut regretter que le récent remembrement sur Flines ait si peu tenu compte du parcellaire ancien dans la redéfinition de ce territoire. Il y aurait eu là une occasion à ne pas manquer pour marquer l’implantation des bâtiments disparus il n’y a guère que deux siècles. On peut toutefois espérer à court terme l’extension d’un périmètre archéologique estimé trop restrictif. Ceci dit, il faut se réjouir qu’aucune construction - habitation ou entreprise - ne soit venue abîmer définitivement les substructions d’un site aujourd’hui à vocation agricole et que subsiste là un formidable potentiel pour les archéologues.


Bibliographie 

HAUTCŒUR Edouard, Cartulaire de l’abbaye de Flines, 1873-1874, 1029 p.
HAUTCŒUR Edouard, Histoire de l’abbaye de Flines, 1874, 523 p.
HEDDEBAUT Monique, Pays de Pévèle, n° 37 à 53.
LEFEBVRE Georges, Les paysans du Nord pendant la Révolution française, Paris, 1924, 916 p.
ROUCHE Michel (dir.), Histoire de Douai, 1998, 349 p.
SCHULTZ Patrick, La décentralisation administrative dans le Nord de la France 1790-1793, Lille, 1982, 155 p.
SIRE Anne-Marie, L’invention des musées, Paris, 144 p.
TRENARD Louis (dir.), Histoire de Lille L’ère des révolutions (1715-1851), t. 3, Toulouse, 1991, 700 p.
WARIN Bernard, Flines-lez-Râches Un village sous la Révolution, Flines, 1985, 188 p.

Annexes

Document 1

1794, [avant le 30 mai]Affiche pour la vente du 11 prairial an II des bâtiments de l’abbaye de Flines à détruire.

A. Arch. dép. Nord, 1 Q 1192-19, n° 9366.

Département du Nord, district de Douay. Bâtiments à démolir : / la cidevant abbaye de Flines. / On fait savoir que le 11 prairial l’an second de la République une et / indivisible, dix heures du matin en la salle ordinaire des séances / de l’administration du district de Douai, il sera procédé au / plus offrant en la forme et manière accoutumées au passement / de la démolition de différens bâtimens existans en la cidevant / abbaye de Flines et ce, en vertu d’autorisation du Directoire du / Département du Nord en date du 21 ventôse dernier et d’après / réquisition du général de division Drut du 19 du même mois, / desquels bâtiments la déclaration suit./

Savoir /

1° Le bâtiment dit la boucherie dont il ne reste plus que / des murs de 12 pieds de hauteur et n’ayant plus de bois ni / charpente, lequel a 16 pieds de large et 24 de long. /

2° Un bâtiment de 15 pieds de long et de large servant à [mectre] / les viandes au sortir de la boucherie dont il ne reste plus que / des murs de 9 pieds de hauteur sans charpente et à côté [antre] / au charbon de 8 pieds de large et 16 pieds de long. /

3° Plusieur poulalliers dans le verger sur 40 pieds de long dont / il ne reste plus que les murs à 6 pieds de hauteur sans charpente. /

4° Un bâtiment servant de serre voûté en brique de 40 pieds / de long et 13 de large dont il ne reste ni bois ni charpente. /

5° Trois cent pieds de murs servant d’enclos au jardin de la cide-/ vante abbesse./

6° Dans le même verger deux remises voûtées en briques sur 30 pieds / de large et 36 pieds de long sans charpente et bois./

7° Une remise au bois ayant 76 pieds de long et 20 de large sans / bois ni charpente./

8° Un petit bâtiment tenant aux dites remises, lequel est presque / tout démoli, sans bois ni charpente et de 20 pieds carrés.//

9° Un bâtiment appelé l’infirmerie de 40 pieds de large et 192 de / long dont il ne reste qu’un tiers de la charpente et de la / couverture et les sommiers,  mais sans les gittages ni planchers./

10° Un bâtiment tenant à l’infirmerie appelé la blanchisserie / sur 132 pieds de long et 25 de larges dont il ne reste que le / premier étage voûté sur sommier sans charpente ni courver-/ ture. /

11° Un bâtiment dit le quartier de sainte Malachi sur 80 pieds / de long et 36 de large dont il ne reste que les sommiers et un / tiers de la courverture./

12° Un bâtiment dit la petite infirmerie tenant au précédent / sur 24 pieds carrés dont il ne reste que la moitié de la cha- / rpente et de la courverture./

13° Le dortoir et réfectoire ayant 200 pieds de long sur 44 de large / tout voûté en brique. La charpente et les couvertures ont / été enlevés et un cloître tenant au même bâtiment de / 200 pieds de large sans courverture ni charpente./

14° Un bâtiment servant de chapelle à la cidevant abbesse avec / des parloires ayant 100 pied de long & 28 de large dont il / ne reste qu’un tiers de courverture et de charpente, les / gittages et planchers ayant été enlevés./

15° L’église ayant 80 pieds de largeur sur 110 pieds de longeur, / toute bâtie en grés avec le clochez de 28 pieds de face aussi / bâti en grés et des basses arches dont on a enlevé / la couverture./

16° Un bâtiment appelé dortoir vis a vis du clocher bâti en / grés sur 192 de long et 52 pieds de large dont on a enlevé / les gittages planchers et la moitié de la couverture et / de la charpente.//

17° Une autre bâtiment dit la boulangerie ayant 80 pieds / de long sur 28 de large voûte sur sommiers dont il ne reste / plus que le premier étage, les planchers charpente et couverture / ayant été enlevés./

18° Un bâtiment dit la laiterie ayant 40 pieds de long sur 31 / de large dont les sommiers sont tombés et les deux tiers de la / couverture enlevés./

19° Une chapelle dite de Lorette sur 40 pieds de long et 16 pieds / de large qui est sans courverture./

20° La moitié des écuries aux porcs ayant 72 pieds long sur 18 / de large./

21° Une pigeonnier de 40 pieds de hauteur et 20 pieds de largeur./

22° Un bâtiment servant d’écurie à vaches ayant 140 pieds / de longueur et 25 pieds de largeur dont on a enlevé la moitié / de la couverture et de la charpente./

23° Une remise de 32 pieds de long sur 28 pieds de profondeur / située dans la cour aux charrioit./

24° Les écuries au chevaux ayant 240 pieds de long dont il ne / reste plus que 80 pieds encore couverts, le reste et tout [ ?] /

25° 140 pieds de bâtiment servant de bergerie dont il ne reste / plus que des murs à la hauteur de 7 pieds./

26° Toutes les boutique de charpentier menuisier & charron / ayant ensemble 128 pieds sur 210 large tout bâti en brique /

27° Une petite grange servant de grenier au grain de 90 pieds / de long et 21 de large à laquelle il ne reste plus que les / sommiers, le reste tel que planchers et gittage a été enlevé./

28° La brasserie dont il ne reste plus de la charpente ou couver- / ture que deux sommiers laquelle a 122 pieds de long / et de large.//

29° Un bâtiment dit hôtel de ville de 28 pieds de long sur 11 pieds / de large à un étage voûté sur sommiers dont il ne reste plus / de couverture et de charpente./

Les objets ci dessus seront adjugés par parties ainsi qu’ils sont / désignés en la présente affiche et aux conditions ci-après : / les matériaux seront au profit de l’adjudicataire, mais il / sera tenu de faire rentrer à ses frais dans le dépôt général / à Douay, tous les fers, plombs, cuivre et autres métaux prove- / nans de la démolition qui lui seront payés au prix du / maximum./
La démolition des dits bâtiment devra être achevée partout / un mois à compter du jours de l’adjudication et les matéreaux / enlevés dans les deux mois suivants./

[Signé : illisible]


Document 2

An XIII, 10 ventôse.Lettre de Prosper Lachez, acquéreur de l’enclos de l’abbaye de Flines, adressée au préfet du Nord au sujet de la démolition de la tour de l’église.

A. Arch. dép. Nord, 1 Q 1192.

A Monsieur le préfet du Département du Nord/
Monsieur le Préfet/

Un anonyme de la commune de Râches a écrit au Sous-préfet de / l’arrondissement de Douay que je fesais démolir en ce moment la tour de l’église / de l’abbaye de Flines, monument des arts réservé lors de la vente. En vertu / de cette lettre, le sous-préfet a écrit au Maire de Flines que, si réellement cette / tour avait été réservée lors de la vente, d’en empêcher la démolition. Le Maire / de la commune de Flines qui, avec le conseil de la commune, ne laisse échaper aucune / occasion de me molester, est venu sur les lieux arrêter le travail des ouvriers et / poser deux gardiens pour la conservation de cette tour qu’il sait cependant fort bien / avoir été vendue avec l’église le onze prairial an 2ème ./
Cette tour n’est point un monument des arts. C’était le clocher de l’église de Flines. / Elle était surmontée d’une flèche qui a été abattue en l’an 2ème lorsque, sur la / réquisition du général de Division Drut, on vendit le onze praireal, presque que tous / les bâtiment de l’abbaye à démolir dans les trois mois./
Lorsqu’en l’an 4ème le 1er vendémiaire, je me rendis acquéreur de tout l’enclos / et des bâtiments dévastés qui n’avaient pas été vendus, la tour était encore sur pied. / Je l’acquis alors du sieur Guilmot d’Anhiers dans l’intention de la converser / par vue d’agrément , mais les accidents auxquels on était journellement exposé par / la chute des éclats des corniches, me déterminèrent il y a quelque mois, à en faire / la vente à charge de la démolir de suite, et c’est dans le moment où elle est déjà / minée des deux tiers dans le pied, qu’est venu sur une dénonciation anonime  l’ordre / de ne plus travailler. Cependant, dans l’état où elle se trouve, elle ne peut pas rester / longtemps ainsi sans exposer à des accidents subits. Je vous prie donc de / prendre à cet égard une détermination./
Il me semble que nous ne sommes plus dans un temps où l’on doive accueillir des dénonciations // anonimes contre des particuliers domiciliés et jouissant d’un état honorable,/ et que, même dans les cas où une dénonciation faite par les gens connus pourrait / être préjudiciable, on doit laisser aux particuliers lésés les moyens de / pouvoir exercer leurs recours contre les dénonciateurs méchants ou imprudents; / comme dans le cas présent où vingt ouvriers cessent de travailler depuis mercredi / premier ventos par l’effet de la haine ou de l’envie./
Sur les registres aux procès verbaux de vente des Domaines Nationaux du cidevant / district de Douay, n°18, page 42, on y trouvera l’affiche et le procès verbal de la / vente qui a eu lieu le 11 prairial an 2ème en vertu de l’arrêté du Département du / Nord du 21 ventos précédent, sur la réquisition du général Drut du 19 du même / mois. L’église avec la tour de 28 pieds quarrés y sont exprimés à démolir (article 13)./
Il serait en effet ridicule qu’on ait été réserver une pièce de maconnerie absolument / isolée, et qu’on en ait vendu seulement l’église et la flèche. Et cette réserve pourrait- / elle avoir effet, lorsque le premier vendémiaire an 4ème on vend et le fond et quelques / bâtiments qui s’y trouvent encore, sans aucune condition de réserve ? /
Le Sous-préfet n’aurait-il pas pu, avant de vous faire perdre un temps / précieux à prendre inspection de pareilles minuties, me faire appeler et obtenir / de moi les renseignements que j’ai l’honneur de vous donner ici ? Il m’eut évité / de vous faire des plaintes fondées sur la conduite du maire de Flines qui devrait / être le protecteur de ses habitants et qui ne s’est pas ici montré tel. /
J’espère, Monsieur le préfet, que vous voudrez bien me faire rendre / prompte justice pour que mes rétrocessionnaires puissent être rendus à leurs / travaux. / J’ai l’honneur d’être avec un profond respect / votre très humble obéissant / serviteur, monsieur le préfet./

Prosp[er] Lachez
Douay le 10 ventos 13ème//

Ma lettre écrite, je trouve dans mes papiers la copie de l’affiche de la vente / qui a eu lieu en prairial an deux. Vous la trouverez cy jointe. Elle vous servira / aussi à apprécier l’état de dévastation où se trouvait ce domaine national en l’an / 2 et, à plus forte raison, quel devait être celui de l’an 4ème, lors- / que je me rendis acquéreur du fond et de quelques corps de logis encore subsistants. /

P[rosper] L[achez]


Document 3

1794, 30 mai. - Liste des adjudicataires des différentes portions des bâtiments de l’abbaye de Flines.

A. Arch. dép. Nord, 1 Q 1192-6.

Lot

Nom des adjudicataires

Résidence

Noms des cautions

Résidence

1er

Jacques Hurtret

Pont à Raches

J[ean]-B[aptis]te Montagne

Pont à Raches

2e

Charles Louis Dupuis

Anhiers

F[rançois] Delporte

Flines

3

id

id.

id.

[idem]

4e

J[ean]-B[aptiste] Drousset

Flines

Emm[anu]el Richard

Flines

5e

Dupuis

Anhiers

[idem]

[idem]

6

Ph[ilippe]-Jos[eph]Trachez

Anhiers

Dupuis

[idem]

7

[idem]

[idem]

[idem]

[idem]

8

J[ean]-B[aptis]te Claisse

Anhiers

Guillemot

Anhiers

9

Philibert Blervaque

Flines

Richard

[idem]

10

Rémi Villain

Lallaing

Firmin Parent

Lallaing

11

[idem]

[idem]

[idem]

[idem]

12

Firmin Parent

Lallaing

Rémi Villain

[idem]

13

Ignace Delannoÿ

Flines

Hubert Seillier

Flines

14

[idem]

[idem]

[idem] 

[idem] 

15

André Guillemot

Anhiers

Louis Rincheval

Lewarde

16

Emman[ue]l Richard

Flines

P[ier]re-Jacques Duriez

Flines

17

[idem]

[idem]

[idem]

[idem]

18

[idem]

[idem]

[idem]

[idem]

19

[idem]

[idem]

[idem]

[idm]

20

Ph[ilippe]-Marie Caron

Flines

Antoine Caron

id.

21

[idem]

[idem]

[idem] 

[idem]

22

J[ean]-B[aptis]te Montagne

Pont à Raches

Jacques Hurtret

Pont à Raches

23

J[ean]-B[aptis]te Barbieu

Anhiers

P[ier]re-André Dupuis

Anhiers

24

[idem]

[idem]

[idem] 

[idem]

25

P[ier]re-F[ranç]ois Cuisinier

Anhiers

Philippe Trachez

id.

26

[idem]

[idem]

[idem]

[idem]

27

Hubert Seiller

Flines

Ignace Delannoÿ

Flines

28

[idem]

[idem]

[idem]

[idem]

29

[idem]

[idem] 

[idem]

[idem] 

 

Document 4

1830, 27 décembreAdministration des contributions directes - Propriétaires et locataires de l’Abbaye assujettis à la contribution sur les portes et les fenêtres - Section B – 1e feuille.

A. Arch. dép. Nord P 34/175

N°du plan

Propriétaires

Occupeurs

Nombre d'ouvertures imposables

n°14

[calvaire]

Bécu héritiers à Lille

Alexis Morel à Anhiers

6 portes et fenêtres ordinaires

n°51

[forge]

Dumont ex Veuve à Douai

Delporte Albert à Flines

7 fenêtres et portes ordinaires

n°68 [église abbatiale]


Devred Guislain à Douai

Debruille Stanislas dit Grand Gueux à Flines

2 portes cochères, charretières et de magasin

17 portes et fenêtres ordinaires

n° 77


Pluchon maire à Abscon

Richard J-Baptiste à Flines

3 portes et fenêtres ordinaires

n° 80


Ibid

Desprez Joseph à Flines

4 portes et fenêtres ordinaires

n°85


Lalaine Jean-Baptiste cabaretier à Flines34

Le propriétaire

11 portes et fenêtres ordinaires

n°96

Legland Jean-Baptiste à Flines

Le propriétaire

4 portes et fenêtres ordinaires

 

Document 5

1830, 6 mars.Les propriétaires de Flines-les-Râches les plus fort imposés à la contribution foncière.

A. Arch. comm. Flines-les-Râches

Noms des propriétaires

Montant des cotes foncières

Paulée César à Douai

2 082 50

Montozon (vicomte de) maire de Lallaing

521 25

Desmaretz, entrepreneur, à Douai

388 79

Dumont Auguste, veuve à Douai

386 50

Dubois de Nesraut, intendant maître à Douai

395 39

Devred au Frais-Marais, près Douai

164 79

Bouchar veuve Célestin à Flines

160 70

Hurpy P[ier]re Joseph à Flines

150 70

Bécu les héritiers à Lille

144 18

Bérard à Paris

140 50

Dupire Louis, entrepreneur à Douai

129 49

Degand J[ean]-B[aptis]te à Flines

126 07

Mouchon J[ean]-B[aptis]te à Flines

106 18

Delajus Pierre-François Joseph à Râches

405 25

Defranqueville de Bourlon, député

102 50

Derosne à Bouvignies

83 80

Denayer (maître) à Gand

81 24

Dusaillant Antoine Joseph à Douai

81 22

Cassier (le baron) à Tournay35

80 08

Les pauvres de Flines

79 49

Delannoy Ignace à Flines


 

  1. HAUTCŒUR Edouard, Histoire de l’abbaye de Flines, Lille, 1874, p. 316.
  2. WARIN Bernard, Flines-lez-Râches Un village sous la Révolution, Flines, 1985, p. 102.
  3. HEDDEBAUT Monique, « Sur la trace du mobilier de l’abbaye de Flines », Pays de Pévèle, n° 53.
  4. TRENARD Louis, Histoire de Lille, p. 229.
  5. Arch. dép. Nord 1 Q 1192 –17.
  6. Arch. dép. Nord, 1 Q 223 Aff. 73 et 190.
  7. Ce notaire a possédé dans la rue des Minimes à Douai une propriété qui devint pendant quelques décennies le siège des Houillères du Bassin du Nord-Pas-de-Calais (HBNPC). Quand les archéologues municipaux de Douai mirent à nu le terrain avant que soit engagée une opération immobilière – le Clos des Minimes –, ils retrouvèrent dans un des murs un grés armorié aux armes d’Ursule Becq, abbesse de Flines (1673-1690). Il est actuellement conservé au musée de la Chartreuse de Douai.
  8. Arch. dép. Nord, 1 Q 1192 1.
  9. HAUTCŒUR E., Histoire…, 1874, p. 445.
  10. Arch. dép. Nord, L 10 804.
  11. Arch. dép. Nord, L 7008.
  12. Arch. dép. Nord, L 11 139, L 11 153, L 12 580.
  13. WARIN Bernard, Flines-lez-Râches..., p. 118.
  14. Arch. dép. Nord L 7008.
  15. Arch. dép. Nord L 7210.
  16. Arch. dép. Nord, 1 Q 1192-19. Si l’on compare la vente de l’orgue et du maître-autel adjugés à 800 livres, on voit à quel point les bâtiments ont été liquidés à vil prix.
  17. Voir document 1.
  18. Voir document 3.
  19. Arch. dép. Nord 1 Q 1192.
  20. Idem.
  21. LEFEVRE Georges, Les paysans du Nord, p. 450.
  22. Arch. Dép. Nord, 1 Q 1192.
  23. Idem.
  24. Ce document ne figure pas dans la série Q aux Archives départementales. Il est simplement mentionné dans une correspondance du 19 mars 1805 du Bureau des domaines adressée au sous-préfet de Douai.
  25. Arch. Dép. Nord, 1 Q 1192 19
  26. Voir document 2.
  27. Aucune mention d’un « monument réservé » ou « monument des arts » ne figure dans les documents de la vente de l’église abbatiale.
  28. Idem
  29. LEFEVRE Georges, Les paysans..., p. 506.
  30. Voir document 4.
  31. HEDDEBAUT Monique, « La localisation des bâtiments de l’abbaye de Flines », Pays de Pévèle, n°41, 1997.
  32. Voir document 5.
  33. Service Historique de l’Armée de Terre, J 10 C N 550.
  34. Il pourrait s’agir du cabaretier « A mo’ Lalenne » dont l’estaminet se trouvait à l’angle du Pavé Madame et de la rue de l’Abbaye. Cette maison existe encore.
  35. en marge : Bart Jean-Baptiste à Flines

 

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