Au cours du XIIème siècle, les
métiers commencent à s’organiser, reçoivent
des privilèges tandis que leurs activités sont réglementées.
Ainsi naissent les confréries et les corporations (de drapiers
ou de carriers, de tanneurs ou de marchands de vin, etc…).

Dans l'atelier du tailleur, le maître et
ses apprentis
A Paris, le prévôt royal Etienne
Boileau fait publier en 1268 un ‘’livre des métiers’’
où sont consignés les règlements des 101 métiers
– hors ceux de la boucherie – relevés dans la capitale
de France.
Les métiers sont alors extrêmement hiérarchisés
et contrôlés. Pour chacun d’eux, des ‘’chefs
de métier’’ vérifient que les bonnes règles
de production sont appliquées dans les ateliers et les boutiques.
Le travail repose sur trois niveaux hiérarchiques : les
maîtres, les apprentis et les valets. Les premiers doivent justifier
d’une compétence reconnue et de moyens financiers. A
Paris, la réalisation d’un chef-d’œuvre est
exigée pour certains métiers. Les apprentis –
destinés à devenir des maîtres – s’engagent
par contrat auprès d’un patron qui les nourrit, les loge
et leur enseigne son métier. La durée de cet apprentissage :
jusqu’à huit ou dix ans, voire douze dans certains cas.
Pendant cette période, l’apprenti ne reçoit pas
d’argent et fournit à son maître une main d’œuvre
de plus en plus performante. Les ambitieux peuvent rêver d’épouser
la fille de leur riche maître. Les valets, en revanche, en dehors
de leurs salaire, n’ont pas grand-chose à espérer.
Ils doivent être qualifiés et jurer d’accomplir
la tâche honnêtement, quasi sans espoir de devenir un
jour apprentis. Quant au manœuvre, il ne bénéficie
d’aucun avantage. Payé – mal – à la
tâche, il est révocable à tout moment.